L’ère de l’avion à réaction – Cours histoire BIA (E5)
L’ère de l’avion à réaction s’ouvre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : du SO.6000 Triton au Concorde, de l’Airbus A380 au Solar Impulse, le réacteur bouleverse l’aviation militaire, civile et sportive. Ce cours, le neuvième du module Histoire et culture de l’aéronautique et du spatial du BIA (épreuve E5), reprend le chapitre « L’ère des avions à réaction » du support : le premier avion à réaction français (1946), le franchissement du mur du son (1947), les premiers avions de ligne à réaction (1949), la Caravelle et le Boeing 707, le Concorde et le Tupolev 144, les Airbus jusqu’à l’A380 et l’A400M, et les exploits récents (Sullenberger, Baumgartner, Solar Impulse). Ce cours s’appuie sur la définition des premiers réacteurs vue au cours n° 8, Les avions de la 2ème Guerre mondiale.
À l’examen, ce module est évalué dans l’épreuve écrite unique de deux heures trente, un QCM de 120 questions noté sur 20 et affecté d’un coefficient 5 . Le programme demande de situer les grandes étapes et de relier les acteurs, les machines et les innovations : l’après-guerre illustre le thème 5.3 « Les enjeux militaires et les évolutions de l’aéronautique et du spatial » (mur du son, avions à réaction) et le thème 5.4 « Les enjeux économiques et les évolutions de l’aéronautique et du spatial » (grandes étapes de l’aviation commerciale, GPS) .
Objectifs d’apprentissage – à la fin de ce cours, vous saurez :
- dater le premier avion à réaction français : le SO.6000 Triton, 11 novembre 1946, équipé du réacteur allemand Jumo 004-B2 ;
- expliquer le mur du son et dater son premier franchissement : Chuck Yeager, 14 octobre 1947, sur Bell X-1 (plus de 1 000 km/h) ;
- dater le premier siège éjectable (24 juillet 1946, Martin-Baker) et le premier avion de ligne à réaction (De Havilland Comet, 1949, hublots ovales) ;
- citer les réacteurs et avions français : Atar SNECMA (1950), MD-450 Ouragan (1951), Mystère II et Carpentier (1952), Jacqueline Auriol (1953), Patrouille de France (1953) ;
- dater les grands programmes civils et militaires : Boeing 707 (1954), Caravelle (1955), Mirage IV (1959), Concorde (1969, vols commerciaux 1976), Boeing 747 (1969), Airbus A300 (1972), GPS (1973), A320 (1987), A380 (2005), A400M (2009) ;
- expliquer l’ADAV à l’aide du Harrier (31 août 1966, technologie de Michel Wibault) ;
- citer les exploits récents : Sullenberger sur l’Hudson (15 janvier 2009), Baumgartner (14 octobre 2012), Solar Impulse (2015-2016).
Prérequis : le cours Les avions de la 2ème Guerre mondiale (cours n° 8) a montré les premiers réacteurs de combat (Me 262, Gloster Meteor). La page pilier Histoire et culture de l’aéronautique et du spatial BIA situe ce cours en neuvième position des dix cours du module ; le cours suivant, La conquête spatiale (cours n° 10), poursuit avec les lanceurs et les vols habités.
Quiz 1 – Testez-vous avant de commencer (format BIA)
📅 Mis à jour le 9 août 2026 — conforme au programme officiel (BO n° 11 du 12 mars 2015).
Avant de commencer
Répondez sans relire le cours. Le but est de repérer ce que vous savez déjà.
Question 1 sur 10
Sommaire
- La capsule vidéo
- 1946 : les premiers pas du réacteur français
- 1947 : le mur du son est franchi
- 1948-1949 : les débuts de l’aviation de ligne à réaction
- 1950-1953 : la France entre dans l’ère du réacteur
- 1954-1955 : le transport civil passe au réacteur
- 1959-1967 : Mirage IV, X-15 et l’ADAV
- 1968-1976 : le supersonique civil
- 1972-1991 : l’Europe aéronautique s’organise
- 2005-2009 : le très gros porteur et le transport militaire
- Les exploits récents
- Erreurs fréquentes et pièges au BIA
- Points essentiels à retenir
- FAQ
- Sources
La capsule vidéo
1946 : les premiers pas du réacteur français
La France, qui a vu naître les premiers réacteurs de combat en 1944, s’engage à son tour dans l’ère du turboréacteur dès 1946 .
Le SO.6000 Triton, premier avion à réaction français
Le 11 novembre 1946 a lieu, à Orléans-Bricy, le premier vol du SO.6000 Triton, premier avion à réaction français, construit par la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO). Monoréacteur biplace créé à un seul exemplaire volant, il devait recevoir le réacteur français Rateau-Anxionnaz GTS-65 de 1 800 kgf, dont les études avaient débuté en 1939 ; devant son retard, il est équipé du réacteur allemand de récupération Jumo 004-B2 de 910 kgp, peu fiable (durée de vie de 25 heures) et trop faible. Il est piloté par Daniel Rastel et Armand Raimbeau .
Qu’est-ce qu’un réacteur ?
Un moteur à réaction projette un fluide (gaz ou liquide) dans une direction ; par réaction, ce fluide transmet une poussée au véhicule dans la direction opposée. Le principe est ancien : le premier turboréacteur est présenté comme « turbo-propulseur » par le Roumain Henri Coandă au salon de l’aéronautique de 1910 .
24 juillet 1946 : le premier siège éjectable Martin-Baker
Le 24 juillet 1946 a lieu le premier test en vol d’un siège éjectable moderne, conçu par la société britannique Martin-Baker. Reprenant les travaux pionniers de la Luftwaffe, les ingénieurs britanniques modifient un Gloster Meteor : le pilote d’essai Bernard Lynch s’éjecte à 500 km/h et à plus de 2 400 mètres d’altitude, avant de répéter l’opération à seize reprises. La première éjection non anticipée a lieu le 30 mai 1949, lorsque John Oliver Lancaster s’évacue de son prototype en perdition .

1947 : le mur du son est franchi
La limite que les pilotes de la guerre appelaient le « mur du son » cède enfin, un an et demi après la fin du conflit .
Chuck Yeager et le Bell X-1
Le 14 octobre 1947, pour la première fois, un appareil franchit le « mur du son » : à bord d’un Bell X-1, le pilote américain Chuck Yeager atteint une vitesse supérieure à 1 000 km/h, à 12 800 mètres d’altitude au-dessus de la base d’Edwards (Californie). L’avion-fusée expérimental, nommé « Glamorous Glennis », est largué en vol par un avion porteur .

Le « mur du son », une limite physique
Le mur du son correspond à la vitesse du son dans l’air, soit 340 mètres par seconde, environ 1 224 km/h à 15 °C, ou Mach 1. Les aviateurs de la Seconde Guerre mondiale avaient constaté des phénomènes d’instabilité et un « durcissement » des commandes en approchant cette limite, d’où le nom de « mur ». Hans Guido Mutke aurait dépassé cette vitesse en piqué sur Me 262 en avril 1945, mais c’est le vol de Yeager qui fait date .
1948-1949 : les débuts de l’aviation de ligne à réaction
Le transport commercial franchit l’Atlantique sans escale, puis adopte le réacteur .
1948 : Paris-New York sans escale
En 1948 est effectué le premier vol commercial sans escale entre Paris et New York, par un Constellation de la compagnie Air France. Le Constellation est un quadrimoteur à hélices : le réacteur ne s’imposera dans les cockpits civils qu’à partir de 1949 .
1949 : le De Havilland Comet
En 1949, le De Havilland Comet effectue son premier vol : c’est le premier avion de ligne à réaction (quadriréacteur). Trois appareils sont détruits en plein vol, victimes de la fatigue du métal, phénomène encore mal connu : les contraintes dangereuses se concentrent aux coins des hublots carrés. Le Comet est entièrement redessiné avec des hublots ovales, et les avionneurs rivaux – dont Boeing avec son 707 – tirent les leçons de ces accidents .
21 avril 1949 : le Leduc 010
Le 21 avril 1949, l’ingénieur français René Leduc fait voler son Leduc 010, un avion à tuyère thermopropulsive : une autre voie du moteur à réaction, la France explorant plusieurs solutions en parallèle .
1950-1953 : la France entre dans l’ère du réacteur
L’industrie française rattrape son retard avec des réacteurs nationaux, des avions de série et des pilotes qui franchissent le mur du son .
1950 : le réacteur Atar SNECMA
En 1950, les premiers essais en vol finalisent le développement du réacteur Atar, conçu et produit par la SNECMA : c’est le premier turboréacteur entièrement français (les réacteurs Hispano-Suiza Nene et Verdon étaient conçus par Rolls-Royce et fabriqués sous licence). La SNECMA produira les réacteurs des avions Dassault, notamment les Mirage III .
1951 : le MD-450 Ouragan
En 1951, le MD-450 Ouragan de Dassault entre en production : c’est le premier avion à réaction français construit en série, marquant une étape importante dans l’histoire de l’aéronautique nationale .
1952-1953 : Carpentier et Auriol franchissent le mur du son
Le 12 décembre 1952, le commandant Roger Carpentier, du Centre d’essais en vol de Brétigny, passe officiellement le mur du son sur Mystère II (MD 452) : c’est le premier pilote français. Le 15 août 1953, Jacqueline Auriol devient la première Européenne – et la première femme « supersonique » du monde – à franchir le mur du son, sur le même type d’appareil .
1953 : la Patrouille de France
En 1953 est créée la Patrouille de France (PAF), ambassadrice de l’armée de l’air et de l’aéronautique française à l’étranger. Stationnée sur la base aérienne 701 de Salon-de-Provence (Q BIA), elle est considérée comme l’une des meilleures formations acrobatiques au monde ; ses avions successifs sont le Mystère 4, le Fouga Magister puis l’Alphajet depuis 1981 (Q BIA) .

1954-1955 : le transport civil passe au réacteur
L’Amérique puis la France lancent leurs grands avions de ligne à réaction, qui s’imposeront sur les lignes long-courriers et moyen-courriers .
1954 : le Boeing 707
En 1954 a lieu le premier vol du Boeing 707, l’avion de ligne qui incarne l’entrée des États-Unis dans l’ère du réacteur, fort des leçons des accidents du Comet .
1955 : la Caravelle
En 1955, la Caravelle effectue son premier vol. Produite par la SNCASE (devenue Sud Aviation en 1957), elle est le premier biréacteur de ligne français : la grande nouveauté est le placement des réacteurs dans des nacelles à l’arrière du fuselage, un de chaque côté, ce qui réduit le bruit en cabine et libère l’espace sous les ailes. Le 9 janvier 1969, une Caravelle d’Air Inter réalise à Orly le premier atterrissage entièrement automatique « Phase III » sans visibilité, avec 56 passagers à bord : une première mondiale (système Sud-Lear, plafond de 20 mètres, visibilité de 200 mètres). 282 Caravelles seront construites de 1958 à 1973 .
1959-1967 : Mirage IV, X-15 et l’ADAV
La décennie 1960 pousse les vitesses à l’extrême, de la dissuasion nucléaire française aux records de l’avion-fusée américain .
1959 : le Mirage IV
En 1959, le Mirage IV de Dassault effectue son premier vol : il sera le premier vecteur de la bombe nucléaire française (Q BIA) .
1961-1967 : les records du X-15
En 1961, l’avion-fusée américain X-15 bat un nouveau record de vitesse : 4 265 km/h. Le 23 août 1963, il bat le record d’altitude à 107,96 km, hors de l’atmosphère, récoltant des données précieuses sur les flux d’air, le frottement aérodynamique et les techniques de rentrée atmosphérique. Le 3 octobre 1967, il établit son record définitif de vitesse à 7 272,68 km/h .
1963 : le Falcon 20
En 1963, Dassault fait voler son Falcon 20, avion d’affaires qui applique des solutions techniques éprouvées dans le domaine militaire .
31 août 1966 : le Harrier ADAV
Le 31 août 1966 a lieu le premier vol du Hawker Harrier, premier avion à décollage et atterrissage verticaux (ADAV) mis en service au monde. Trop lourd pour décoller verticalement en charge de combat, il est généralement utilisé en STOVL (décollage court, atterrissage vertical), se contentant de pistes de 180 mètres. La technologie « Gyroptère » a été mise au point par le Français Michel Wibault ; la version marine Sea Harrier s’illustrera pendant la guerre des Malouines en 1982 .
1968-1976 : le supersonique civil
Le transport de passagers franchit le mur du son, entre espionnage industriel, succès français et échecs soviétiques .
1968 : le Tupolev 144 « Concordski »
En 1968, les Soviétiques inaugurent le Tupolev 144, trois ans avant le Concorde, après que les plans de ce dernier ont été espionnés en 1965 par un cadre d’Aeroflot à Paris : sa ressemblance avec le futur Concorde lui vaut le surnom de « Concordski ». Capable de voler à plus de Mach 2 à 20 000 mètres, il connaît une carrière commerciale tragique : crash au-dessus de Goussainville pendant le Salon du Bourget de 1973, puis ligne Moscou-Alma-Ata ouverte en 1977 et fermée après un nouveau crash en 1978. L’exploitation commerciale se résume à 55 allers-retours et 3 194 passagers transportés .
1969 : le Boeing 747 et le Concorde
En 1969, deux premiers vols marquent l’histoire : celui du Boeing 747 « jumbo jet », le plus grand avion de ligne de l’époque, et celui du Concorde à Toulouse-Blagnac, piloté par André Turcat. Le Concorde, construit par Sud-Aviation (Aérospatiale) et British Aircraft Corporation, vole en croisière à Mach 2,02 entre 16 000 et 18 000 mètres, soit environ 2 145 km/h, avec une aile delta « gothique » et des turboréacteurs à postcombustion ; il est le premier avion civil à commandes de vol électriques analogiques. Il sera produit à vingt exemplaires dont six non commerciaux, et battra 180 records du monde homologués par la Fédération aéronautique internationale .
1970-1976 : l’entrée en service
En 1970, les premiers Boeing 747 sont livrés à Air France pour la ligne Paris-New York. En 1976 commencent les vols commerciaux du Concorde sur Paris-Rio et Londres-Bahreïn : l’exploitation, déficitaire à cause de la forte consommation de carburant, prendra fin en 2003, son déclin précipité par l’accident du vol 4590 d’Air France en juillet 2000 (113 morts, unique accident majeur d’un Concorde) .
1972-1991 : l’Europe aéronautique s’organise
L’Europe construit une filière civile complète, du gros porteur au régional, portée par Airbus et ses avionneurs nationaux .
1972 : l’Airbus A300 et le DR400
En 1972 a lieu le premier vol de l’Airbus A300, premier avion de la coopération européenne Airbus. La même année, la mise sur le marché du Robin DR400, avion de tourisme monomoteur très utilisé dans les aéro-clubs, rappelle que l’aviation de loisir est aussi un pilier de la filière .
1973 : le GPS
En 1973 est mis en service le Global Positioning System (GPS), constitué de vingt-quatre satellites et destiné à l’origine exclusivement à des fins militaires pour guider les missiles ; le système devient totalement opérationnel en 1995, révolutionnant la navigation aérienne .
1978 : le Mirage 2000
En 1978 a lieu le premier vol du Mirage 2000, chasseur polyvalent de Dassault qui succède aux Mirage III de la génération Atar .
16 août 1984 : l’ATR42
Le 16 août 1984 a lieu à Toulouse le premier vol de l’ATR42, avion de transport régional à turbopropulseurs fondé par Aerospatiale et Aeritalia et basé à Blagnac .
1986 : Voyager et le Rafale
En 1986, l’avion expérimental américain Voyager réussit un tour du monde sans escale et sans ravitaillement : 42 000 km en 9 jours de vol. La même année a lieu le premier vol du Rafale, futur chasseur polyvalent de Dassault .
1987-1991 : l’A320 et l’A340
En 1987 a lieu le premier vol de l’A320, premier avion de ligne à commandes de vol électriques (fly-by-wire). En 1991, l’A340, quadriréacteur long-courrier d’Airbus, effectue son premier vol .
2005-2009 : le très gros porteur et le transport militaire
Airbus porte le transport civil à son maximum avec l’A380 et équipe les armées avec l’A400M .
25 avril 2005 : l’A380
Le 25 avril 2005 a lieu le premier vol de l’A380, plus gros avion civil de transport de passagers en service en 2020 et plus gros avion construit par Airbus (Q BIA). Doté de quatre turboréacteurs Rolls-Royce Trent 900 ou Engine Alliance GP7200 (consommation de 3 L/100 km/passager) et d’un pont supérieur s’étendant sur toute la longueur du fuselage, il a un rayon d’action de 15 400 km et vole de 910 à 1 012 km/h ; 254 exemplaires seront produits .

25 octobre 2007 : l’A380 en service
Le 25 octobre 2007, l’A380 connaît sa première mise en service commerciale pour le client Singapore Airlines .
11 décembre 2009 : l’A400M
Le 11 décembre 2009 a lieu le premier vol de l’Airbus A400M Atlas, avion de transport militaire polyvalent assemblé à Séville et entré en service le 29 décembre 2013. Le programme, sélectionné en 2000, totalise au 28 février 2021 174 commandes dont 100 livrées .

Les exploits récents
De l’amerrissage de l’Hudson au tour du monde solaire, l’aviation continue d’écrire ses exploits sous le regard du grand public .
15 janvier 2009 : l’amerrissage sur l’Hudson
Le 15 janvier 2009, le commandant Chesley Sullenberger fait amerrir un Airbus A320 sur le fleuve Hudson après une collision aviaire : tous les passagers sont sauvés. Cet exploit est raconté dans le film Sully, avec Tom Hanks .
14 octobre 2012 : Baumgartner franchit le mur du son en chute libre
Le 14 octobre 2012, Felix Baumgartner est le premier homme à franchir le mur du son en chute libre, atteignant Mach 1,25 (1 357,6 km/h), 65 ans jour pour jour après le vol de Chuck Yeager. Hissé par un ballon à hélium depuis la stratosphère, il s’élance à l’altitude de 38 969,4 mètres et ouvre son parachute à 2 566,8 mètres, battant plusieurs records homologués par la FAI .
2015-2016 : Solar Impulse
Créé en 2004, Solar Impulse est le premier avion à avoir effectué un tour du monde sans carburant ni émission polluante pendant le vol : monoplace à moteurs électriques alimentés uniquement par l’énergie solaire, il décolle d’Abou Dabi le 9 mars 2015 et achève son tour du monde le 26 juillet 2016, après 43 041 km en 17 étapes. Son concepteur, Bertrand Piccard, est le petit-fils d’Auguste Piccard, qui inspira le Professeur Tournesol à Hergé .
2020 : vers une aviation durable
L’aviation moderne cherche à réduire son empreinte carbone : carburants durables, appareils plus sobres, nouveaux moteurs et projets électriques ou à hydrogène. Les avancées techniques portées par l’ère du réacteur – fiabilité, économie, automatisation – sont aujourd’hui mises au service d’une aviation plus respectueuse de l’environnement .
Erreurs fréquentes et pièges au BIA
Les confusions les plus classiques des candidats sur l’ère du réacteur.
- Premier avion à réaction (Heinkel 178, 1939 – cours n° 8) ≠ premier avion à réaction français (SO.6000 Triton, 11 novembre 1946) : le BIA teste les deux.
- Premier avion de ligne à réaction (De Havilland Comet, 1949) ≠ premier jumbo jet (Boeing 747, 1969) : une décennie et une génération d’avions les séparent.
- Mur du son : 14 octobre 1947, Chuck Yeager sur Bell X-1 – et non Hans Guido Mutke (1945), dont le passage n’est pas homologué.
- Jacqueline Auriol (15 août 1953, première Européenne à franchir le mur du son) ≠ Valentina Terechkova (1963, première femme dans l’espace) : deux « premières féminines » à ne pas confondre (cf. cours n° 10, La conquête spatiale).
- Le Concorde n’était pas seul : le Tupolev 144 « Concordski » a volé dès 1968, trois ans avant lui, mais sa carrière commerciale fut un échec.
- A380 (2005, double pont complet) ≠ Boeing 747 (1969, double pont partiel) : le A380 est le plus gros avion civil construit par Airbus (Q BIA).
- ADAV = décollage et atterrissage verticaux : le Harrier (1966) est le premier en service, grâce à la technologie du Français Michel Wibault.
Points essentiels à retenir
Si vous ne retenez qu’une chose de ce cours, retenez ceci.
- Le 11 novembre 1946, le SO.6000 Triton est le premier avion à réaction français (SNCASO, réacteur allemand Jumo 004-B2, pilotes Rastel et Raimbeau) .
- Le 24 juillet 1946, le premier siège éjectable Martin-Baker est testé en vol par Bernard Lynch (Gloster Meteor, 500 km/h, plus de 2 400 m) .
- Le 14 octobre 1947, Chuck Yeager franchit le mur du son sur Bell X-1 à plus de 1 000 km/h (mur du son = 1 224 km/h à 15 °C = Mach 1) .
- En 1949, le De Havilland Comet est le premier avion de ligne à réaction ; les hublots ovales remplacent les hublots carrés après la fatigue du métal .
- La France enchaîne : Atar SNECMA (1950), MD-450 Ouragan (1951, premier de série), Carpentier (12 décembre 1952) puis Auriol (15 août 1953, première Européenne) sur Mystère II, Patrouille de France (1953) .
- En 1955, la Caravelle place ses réacteurs à l’arrière du fuselage et réalise le premier atterrissage automatique sans visibilité le 9 janvier 1969 .
- En 1969, le Boeing 747 « jumbo » et le Concorde (Mach 2,02, vols commerciaux 1976-2003) effectuent leur premier vol ; le Tupolev 144 « Concordski » les a précédés dès 1968 .
- Le Harrier (31 août 1966) est le premier ADAV en service (technologie de Michel Wibault) ; le GPS est mis en service en 1973 (Q BIA) .
- Airbus enchaîne : A300 (1972), A320 à commandes électriques (1987), A340 (1991), A380 (2005, en service chez Singapore Airlines le 25 octobre 2007), A400M (2009, 174 commandes dont 100 livrées) .
- Les exploits récents : Sullenberger sur l’Hudson (15 janvier 2009), Baumgartner à Mach 1,25 (14 octobre 2012, 38 969,4 m), Solar Impulse sans carburant (2015-2016, 43 041 km en 17 étapes) .
Bien compris, l’ère de l’avion à réaction raconte soixante-quinze ans d’accélération : du premier vol du Triton en 1946 au tour du monde solaire, le réacteur a transformé la guerre, le transport et le loisir, et préparé les lanceurs de la conquête spatiale. Entraînez-vous sur le quiz du module histoire et culture, ou poursuivez avec le cours n° 10 : La conquête spatiale. Le parcours complet est sur le pilier Histoire et culture de l’aéronautique BIA.
Quiz 2 – Testez vos acquis (mêmes objectifs que le Quiz 1, formulations différentes)
Après la leçon
Répondez après lecture pour vérifier ce que vous avez retenu.
Question 1 sur 10
FAQ
Les questions les plus fréquentes des candidats BIA sur l’ère de l’avion à réaction.
Quand le mur du son a-t-il été franchi pour la première fois ?
Le 14 octobre 1947, le pilote américain Chuck Yeager franchit le mur du son à bord du Bell X-1 à une vitesse supérieure à 1 000 km/h. Le mur du son correspond à la vitesse du son dans l’air : 340 m/s, soit environ 1 224 km/h à 15 °C, ou Mach 1 .
Quel est le premier avion à réaction français ?
Le SO.6000 Triton, dont le premier vol a lieu le 11 novembre 1946 à Orléans-Bricy, piloté par Daniel Rastel et Armand Raimbeau. Équipé du réacteur allemand de récupération Jumo 004-B2 de 910 kgp, il devait recevoir le réacteur français Rateau-Anxionnaz GTS-65 .
Quel est le premier avion de ligne à réaction ?
Le De Havilland Comet, en 1949 (quadriréacteur). Après trois accidents dus à la fatigue du métal, il est redessiné avec des hublots ovales, et ses leçons profitent au Boeing 707 (1954) .
Qui a été la première femme à franchir le mur du son ?
Jacqueline Auriol, le 15 août 1953, sur Mystère II : première Européenne et première femme « supersonique » du monde. Le premier pilote français, Roger Carpentier, l’avait précédée le 12 décembre 1952 sur le même type d’appareil .
Pourquoi le Concorde a-t-il été retiré du service ?
Son exploitation, déficitaire à cause de la forte consommation de carburant, prend fin en 2003, après 27 ans de vols commerciaux (1976-2003). Son déclin est précipité par l’accident du vol 4590 d’Air France en juillet 2000, unique accident majeur d’un Concorde (113 morts) .
Qu’est-ce qu’un avion ADAV ?
Un avion à décollage et atterrissage verticaux. Le Hawker Harrier (31 août 1966) est le premier ADAV mis en service, grâce à la technologie « Gyroptère » mise au point par le Français Michel Wibault ; en pratique, il est utilisé en STOVL avec des pistes de 180 mètres .
Qui est Chesley Sullenberger ?
Le commandant qui, le 15 janvier 2009, fait amerrir un Airbus A320 sur le fleuve Hudson après une collision aviaire, sauvant tous ses passagers – un exploit raconté dans le film Sully avec Tom Hanks .
Sources
Toutes les sources ci-dessous ont été vérifiées le 2 août 2026 (contrôle HTTP, cf. note 11 du livrable ; réserves signalées).
- Programme et niveau des connaissances de l’examen du BIA – Bulletin officiel n° 11 du 12 mars 2015 (module 5 « Histoire et culture de l’aéronautique et du spatial », thèmes 5.3 « Les enjeux militaires et les évolutions de l’aéronautique et du spatial » et 5.4 « Les enjeux économiques et les évolutions de l’aéronautique et du spatial ») : PDF – éduscol STI
- Arrêté du 19 février 2015 relatif au brevet d’initiation aéronautique : PDF – éduscol STI
- éduscol STI – Brevet d’Initiation Aéronautique : sti.eduscol.education.fr (consulté le 2 août 2026)
- ENAC – Préparation au brevet d’initiation à l’aéronautique : enac.fr (consulté le 2 août 2026)
- Ministère de la Transition écologique – Le BIA et le CAEA : ecologie.gouv.fr/bia-et-caea (consulté le 2 août 2026)
- Musée de l’Air et de l’Espace – histoire aéronautique : museeairespace.fr (consulté le 2 août 2026)
- Aéroclub Marcillac Estuaire – formation BIA : aeroclubmarcillacestuaire.fr – rubrique BIA (consultée le 2 août 2026 ; document de cours « Histoire et culture de l’aéronautique et du spatial », chapitre « L’ère des avions à réaction », transmis avec les briefs, non publié en ligne)
- Skybrary (Eurocontrol) — base de connaissances aéronautiques.
- FAA — Pilot’s Handbook of Aeronautical Knowledge.
- OACI — Organisation de l’aviation civile internationale.
Rédigé par Chris Auzolat, formateur titulaire du CAEA (certificat d’aptitude à l’enseignement aéronautique). Contenu pédagogique en attente de validation par le propriétaire du site. Bloc auteur (author-bio-block) : rendu par le thème GeneratePress – vérifier son affichage sur la page publiée.
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