Brume, brouillard et givrage – Cours météo BIA
La brume, le brouillard et le givrage sont les trois dangers météo qui dégradent la visibilité et menacent la cellule de l’avion : la brume limite la visibilité de 1 à 5 km, le brouillard la fait passer sous 1 km, et le givrage colle de la glace sur les surfaces par eau en surfusion. Ce cours du module Météorologie et aérologie explique la formation de chacun de ces phénomènes, leurs conséquences pour l’aéronef et la prévention au sol comme en vol, avec les réflexes à avoir en QCM.
Objectifs d’apprentissage – à la fin de ce cours, vous saurez :
- définir la brume (visibilité de 1 à 5 km) et distinguer la brume sèche de la brume humide ;
- définir le brouillard (visibilité inférieure à 1 km) et expliquer sa formation par refroidissement, saturation puis condensation ;
- définir le givrage et expliquer sa formation par des gouttelettes d’eau en surfusion ;
- citer les conséquences du givrage pour l’aéronef (aérodynamique, hélice, moteur, instruments) ;
- décrire la prévention du givrage au sol et en vol et citer les systèmes antigivrage.
Prérequis : la lecture du cours L’eau dans l’atmosphère est recommandée pour comprendre la saturation et la condensation, celle du cours La température en aéronautique pour le gel et la surfusion. Le pilier Météorologie BIA donne la vue d’ensemble du module.
Quiz 1 – Testez-vous avant de commencer (6 questions, format BIA)
📅 Mis à jour le 9 août 2026 — conforme au programme officiel (BO n° 11 du 12 mars 2015).
Avant de commencer
Répondez sans relire le cours. Le but est de repérer ce que vous savez déjà.
Question 1 sur 10
Sommaire
- La brume et la brume sèche : visibilité entre 1 et 5 km
- Le brouillard : la visibilité sous 1 kilomètre
- Le givrage : la glace qui s’accroche à la cellule
- Conséquences du givrage sur l’aéronef
- Prévention au sol : un avion ne décolle pas avec de la glace
- Prévention en vol et systèmes antigivrage
- Erreurs fréquentes et pièges au BIA
- Points essentiels à retenir
- FAQ
- Sources
Cette capsule vidéo, La Brume, le Brouillard et le Givrage en Aéronautique (chaîne Horizon BIA, 2024), résume en 2 min 33 s le parcours de ce cours : visibilité réduite par la brume puis le brouillard, et danger du givrage pour la cellule. Les sections ci-dessous développent chaque point au niveau exigé par l’examen.
La brume et la brume sèche : visibilité entre 1 et 5 km
Avant le brouillard, la visibilité se dégrade d’abord en douceur avec la brume.
La brume est une suspension de très petites gouttelettes d’eau (ou de particules hygroscopiques) qui réduit la visibilité horizontale à une distance comprise entre 1 et 5 km . En dessous de 1 km, on ne parle plus de brume mais de brouillard : c’est le seuil qui sépare les deux phénomènes, et c’est lui que le QCM teste.
La brume sèche, elle, ne contient pas d’eau : elle est due à des particules solides en suspension, comme les poussières, les sables ou les fumées, qui absorbent et diffusent la lumière sans aucune condensation . Par opposition, la brume humide est liée à l’humidité de l’air et se forme quand l’air se sature près du sol.
Pour l’aéronautique, la brume est surtout un facteur de visibilité réduite : elle diminue la portée visuelle, rend les repères plus difficiles à acquérir et peut masquer les obstacles en approche. Dans un METAR, elle est codée BR, tandis que le brouillard est codé FG – nous retrouverons ces codes dans le cours Cartes et messages aéronautiques.
Le brouillard : la visibilité sous 1 kilomètre
Quand la visibilité passe sous le seuil du kilomètre, la brume devient brouillard.
Le brouillard est la suspension de très petites gouttelettes d’eau qui réduit la visibilité au sol à moins d’un kilomètre : c’est en réalité un nuage dont la base touche le sol (Météo-France, 2026). Il prive le pilote de références visuelles au moment précis où il en a le plus besoin, au décollage et à l’atterrissage.
Sa formation suit toujours le même enchaînement : refroidissement de l’air jusqu’à saturation, puis condensation de la vapeur en gouttelettes . Quand l’air se refroidit, sa capacité à contenir de la vapeur diminue ; arrivé au point de saturation, l’excès de vapeur condense en fines gouttelettes qui restent en suspension : c’est le même processus que la rosée, mais dans l’air et non sur l’herbe.
Selon la cause du refroidissement, on distingue plusieurs types de brouillard : le brouillard de rayonnement, qui se forme la nuit par ciel clair quand le sol se refroidit et refroidit l’air au contact ; le brouillard d’advection, quand de l’air chaud et humide passe sur une surface froide ; et les brouillards liés aux fronts, étudiés dans le cours La frontologie. Quand les gouttelettes restent liquides à température négative, le brouillard devient givrant : il dépose du givre sur les surfaces, et nous tenons là le pont vers le danger suivant.
Le givrage : la glace qui s’accroche à la cellule
Le brouillard givrant annonce le danger le plus traître du vol hivernal : le givrage.
Le givrage est le dépôt de glace sur les surfaces de l’avion – aile, empennage, hélice, sondes, pare-brise . Il se produit quand l’avion traverse une zone où l’air contient des gouttelettes d’eau en surfusion, c’est-à-dire de l’eau encore liquide à température négative : au choc contre la surface, la gouttelette gèle instantanément et s’y accroche.
Les conditions givrantes réunissent donc deux éléments : une température proche ou inférieure à 0 °C, et la présence de gouttelettes d’eau – dans un nuage, une bruine, une pluie surfondue ou un brouillard givrant. Plus l’air est chargé en eau et plus la température est proche de 0 °C, plus la glace se forme vite et s’accroche fort.
On distingue trois types de givrage : le givre blanc, granuleux et opaque, de faible adhérence, qui se forme aux températures les plus basses ; le givre clair, ou glace transparente, lisse et très adhérente, qui se forme près de 0 °C dans les nuages riches en eau – c’est le plus dangereux ; et le givre mixte, qui combine les deux.
Conséquences du givrage sur l’aéronef
Une fois la glace accrochée, les effets se font sentir immédiatement sur le vol.
La première conséquence est aérodynamique : la glace déforme le profil de l’aile, augmente la traînée, réduit la portance et fait décrocher l’avion plus tôt, à une vitesse plus élevée et une incidence plus faible que la normale . Un décrochage givré est plus brutal et plus difficile à rattraper.
Les autres effets s’additionnent : l’accumulation de glace alourdit l’avion ; le givrage de l’hélice réduit sa traction ; le givrage des entrées d’air ou du carburateur peut couper le moteur ; le givrage des sondes Pitot fausse l’indication de vitesse ; le givrage du pare-brise détruit la visibilité. Le givrage est classé parmi les phénomènes dangereux du programme BIA : il cumule les risques sur la cellule, la propulsion et l’information du pilote.
Prévention au sol : un avion ne décolle pas avec de la glace
La meilleure protection contre le givrage commence avant le décollage.
Au sol, la règle est absolue : un avion ne décolle pas avec de la glace sur les surfaces critiques – ni givre, ni neige . La prévention passe par l’inspection pré-vol des surfaces, et par le dégivrage de l’avion avec des fluides dégivrants avant le départ lorsque les conditions l’exigent.
Le brouillard givrant, la neige ou le verglas sont les conditions au sol à surveiller : le verglas, en particulier, transforme les pistes et les taxiways en patinoire. Après un dégivrage, la protection n’est que temporaire : si le délai maximal (temps de protection) est dépassé ou si les conditions s’aggravent, il faut redégivrer – la notion de « temps de protection » est un classique d’examen.
Prévention en vol et systèmes antigivrage
En vol, la stratégie se résume à deux mots : éviter, ou se dégager.
La première prévention est la préparation : consulter les messages météo – METAR, TAF, SIGMET, étudiés au cours Cartes et messages aéronautiques – et choisir des niveaux et des routes qui évitent les zones givrantes annoncées. En vol, le pilote surveille l’apparition de glace sur les surfaces visibles ; dès qu’elle se forme, la première action est de sortir de la zone givrante, en changeant d’altitude ou de route .
Les aéronefs sont équipés de systèmes antigivrage ou dégivrage : chauffage du pare-brise, résistances sur l’hélice, air chaud sur le carburateur, chauffage des sondes Pitot, et dégivrage des bords d’attaque par bottes pneumatiques ou éléments chauffants. La nuance compte pour l’examen : l’antigivrage empêche la formation de la glace, le dégivrage l’enlève une fois qu’elle s’est formée .
Erreurs fréquentes et pièges au BIA
Les correcteurs retrouvent chaque année les mêmes confusions sur la brume, le brouillard et le givrage : les voici, avec le réflexe qui les évite.
- Confondre brume et brouillard : tout est une question de seuil de visibilité – la brume limite la visibilité entre 1 et 5 km, le brouillard la fait passer sous 1 km.
- Croire que le brouillard se forme par réchauffement : c’est l’inverse, il naît du refroidissement de l’air jusqu’à saturation, qui provoque la condensation.
- Penser que le givrage exige un froid intense : le givrage le plus dangereux (le givre clair) se forme près de 0 °C, quand l’eau reste liquide en surfusion.
- Confondre givre blanc et givre clair : le givre clair (glace transparente) est lisse, très adhérent et le plus dangereux ; le givre blanc est granuleux et peu adhérent.
- Oublier la brume sèche : elle est due à des particules solides (poussières, sables, fumées), sans aucune condensation d’eau.
- Négliger la prévention au sol : l’avion doit décoller « propre », sans givre ni glace sur les surfaces critiques – c’est une règle de sécurité absolue.
Les QCM du BIA testent surtout les définitions, les seuils et les mécanismes : fixez-vous les deux seuils (1 km, 5 km) et l’enchaînement « refroidissement – saturation – condensation », et le reste se déduit.
- Le libellé « la brume limite la visibilité à… » : répondez entre 1 et 5 km, jamais « moins de 1 km » (c’est le brouillard).
- Le libellé « le brouillard est… » : un nuage dont la base touche le sol – et non un nuage d’altitude.
- Le libellé « une gouttelette en surfusion est… » : de l’eau liquide à température négative, pas de la glace ni de la vapeur.
- Le libellé « le givrage modifie le profil de l’aile… » : il réduit la portance, augmente la traînée et fait décrocher plus tôt – jamais l’inverse.
- Le libellé « en vol, en cas de givrage, la première action… » : sortir de la zone givrante (changement d’altitude ou de route), pas continuer ou monter dans le nuage.
Points essentiels à retenir
Si vous ne retenez qu’une chose de ce cours, retenez ceci.
- Brume : visibilité entre 1 et 5 km. Brume sèche : particules solides (poussières, sables, fumées), sans condensation.
- Brouillard : visibilité inférieure à 1 km ; c’est un nuage dont la base touche le sol. Formation : refroidissement → saturation → condensation.
- Givrage : dépôt de glace sur les surfaces de l’avion, provoqué par des gouttelettes d’eau en surfusion qui gèlent au contact.
- Givre clair (glace transparente) : le plus adhérent et le plus dangereux ; givre blanc : granuleux, faible adhérence.
- Conséquences : déformation du profil, perte de portance, traînée accrue, décrochage prématuré, hélice et moteur affectés, instruments faussés.
- Prévention : avion « propre » au sol (inspection et dégivrage), éviter ou quitter les zones givrantes en vol, systèmes antigivrage (pare-brise, hélice, carburateur, sondes, bords d’attaque).
Comprendre la brume, le brouillard et le givrage, c’est lire le danger dans l’eau invisible de l’air : le même refroidissement qui forme la rosée crée le brouillard, puis la glace sur la cellule. Poursuivez avec le cours suivant, Cartes et messages aéronautiques, qui vous apprendra à lire les messages qui annoncent ces phénomènes, entraînez-vous sur le quiz complet de météorologie, ou testez vos acquis avec le quiz ci-dessous.
Quiz 2 – Testez vos acquis (6 questions, mêmes objectifs que le Quiz 1, formulations différentes)
Après la leçon
Répondez après lecture pour vérifier ce que vous avez retenu.
Question 1 sur 10
FAQ
Les questions les plus fréquentes des candidats BIA sur la brume, le brouillard et le givrage.
Quelle est la différence entre la brume et le brouillard ?
La différence tient au seuil de visibilité : la brume la réduit à une distance comprise entre 1 et 5 km, le brouillard la fait passer sous 1 km. Le brouillard est en réalité un nuage dont la base touche le sol. Il existe aussi une brume sèche, due à des particules solides (poussières, sables, fumées) sans condensation .
Comment se forme le brouillard ?
Le brouillard se forme par refroidissement de l’air jusqu’à saturation, puis condensation de la vapeur en fines gouttelettes qui restent en suspension. Selon la cause du refroidissement, on distingue le brouillard de rayonnement (nuit claire, sol froid), le brouillard d’advection (air chaud et humide sur une surface froide) et les brouillards liés aux fronts .
Qu’est-ce que le givrage en aéronautique ?
Le givrage est le dépôt de glace sur les surfaces de l’avion (aile, empennage, hélice, sondes, pare-brise). Il se produit quand des gouttelettes d’eau en surfusion – de l’eau encore liquide à température négative – gèlent instantanément au contact de la surface. Les conditions givrantes réunissent une température proche ou inférieure à 0 °C et la présence de gouttelettes (nuage, bruine, pluie surfondue, brouillard givrant) .
Quelles sont les conséquences du givrage sur un avion ?
La glace déforme le profil de l’aile : perte de portance, augmentation de la traînée et décrochage prématuré. Elle alourdit l’avion, réduit la traction de l’hélice, peut couper le moteur en givrant le carburateur ou les entrées d’air, fausse les sondes Pitot et masque la visibilité du pare-brise. C’est un phénomène dangereux du programme BIA .
Comment prévenir le givrage au sol ?
Un aéronef ne doit pas décoller avec du givre, de la glace ou de la neige sur les surfaces critiques : inspection pré-vol et dégivrage aux fluides avant le départ. La protection est temporaire (temps de protection) ; si le délai est dépassé ou si les conditions s’aggravent, il faut redégivrer. Le verglas et le brouillard givrant sont les conditions au sol à surveiller .
Quels sont les systèmes antigivrage d’un avion ?
Les principaux sont le chauffage du pare-brise, les résistances de l’hélice, l’air chaud sur le carburateur, le chauffage des sondes Pitot et le dégivrage des bords d’attaque (bottes pneumatiques ou éléments chauffants). L’antigivrage empêche la formation de la glace, le dégivrage l’enlève une fois qu’elle s’est formée .
Sources
Toutes les sources ci-dessous ont été vérifiées et sont accessibles en ligne (contrôle HTTP le 1er août 2026).
- Programme et niveau des connaissances de l’examen du BIA – Bulletin officiel n° 11 du 12 mars 2015 : PDF – éduscol STI
- Météo-France – Comprendre la météo : le brouillard (définition, formation, types) : meteofrance.com (consulté le 1er août 2026)
- Météo-France – Comprendre la météo : le verglas (prévention au sol) : meteofrance.com (consulté le 1er août 2026)
- Skybrary – Aircraft icing : skybrary.aero (consulté le 1er août 2026)
- OACI – Organisation de l’aviation civile internationale : icao.int (consulté le 1er août 2026)
- EASA – Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne : easa.europa.eu (consulté le 1er août 2026)
- ENAC – Préparation au brevet d’initiation à l’aéronautique : enac.fr (consulté le 1er août 2026)
- Vidéo « La Brume, le Brouillard et le Givrage en Aéronautique : Risques et Gestion » – chaîne YouTube Horizon BIA : youtube.com (2 min 33 s)
- Référence pédagogique interne : Aéroclub Marcillac, document Météo pages 21-22 (non publié en ligne, utilisé pour le contenu)
- Arrêté du 19 février 2015 relatif au BIA (JORF du 21 février 2015).
- FAA — Pilot’s Handbook of Aeronautical Knowledge.
Rédigé par Chris Auzolat, formateur titulaire du CAEA (certificat d’aptitude à l’enseignement aéronautique). Contenu pédagogique en attente de validation par le propriétaire du site.
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