La pression atmosphérique au BIA
La pression atmosphérique au BIA est un chapitre décisif : elle commande le calage de l’altimètre, la lecture des cartes et le vent. La pression est le poids de la colonne d’air, mesurée en hectopascals (hPa), en moyenne 1013,25 hPa au niveau de la mer . Ce cours suit le document Météo de l’Aéroclub Marcillac Estuaire, pages 4 à 6 (2026).
📅 Mis à jour le 31 juillet 2026 – conforme au programme officiel en vigueur .
Objectifs d’apprentissage – à la fin de ce cours, vous saurez :
- définir la pression atmosphérique et citer les valeurs de l’atmosphère standard ;
- lire un champ de pression sur une carte : isobares, anticyclone, dépression, col, dorsale, talweg, marais ;
- expliquer les trois calages altimétriques QFE, QNH et 1013,25 hPa et leurs usages ;
- relier pression et vent, avec le sens de rotation dans l’hémisphère Nord ;
- calculer une altitude réelle ou une hauteur à partir d’un QNH.
Prérequis : la lecture du cours Comprendre l’atmosphère au BIA est recommandée ; ce cours en est la suite directe dans le module Météorologie.
Quiz 1 – Testez-vous avant de commencer (5 questions, format BIA)
Avant de commencer
Répondez sans relire le cours. Le but est de repérer ce que vous savez déjà.
Question 1 sur 10
Sommaire
- Définition de la pression atmosphérique
- Les champs de pression
- Les calages altimétriques (QFE, QNH, 1013,25)
- Pression et vent
- Exercices (calculs QNH)
- Erreurs fréquentes au BIA
- Pièges possibles à l’examen
- Points essentiels à retenir
- FAQ
- Sources
Définition de la pression atmosphérique
Avant d’étudier les cartes et les calages, il faut poser une définition précise de la pression.
La pression atmosphérique se définit comme le poids de la colonne d’air qui s’étend d’un point de mesure jusqu’à la limite supérieure de l’atmosphère. Cette colonne pèse environ 10 tonnes par mètre carré au niveau de la mer : c’est elle que mesure un baromètre (Météo-France, consulté le 31 juillet 2026).
La pression diminue avec l’altitude : dans les basses couches, elle décroît d’environ 1 hPa tous les 28 pieds, soit environ 8 mètres . Cette décroissance régulière est le principe de fonctionnement de l’altimètre.
L’atmosphère standard
Pour comparer les mesures, la météorologie et l’aviation utilisent un modèle unique : l’atmosphère standard.
L’atmosphère standard (ISA), 15 °C et 1013,25 hPa au niveau de la mer, définit le modèle de référence de l’OACI, documenté dans son manuel Doc 7488 .
Tous les calculs aéronautiques, des performances à l’altimétrie, comparent la situation réelle à ce modèle. Quand la pression du jour s’écarte de 1013,25 hPa, l’altimètre calé sur le standard se trompe : c’est le rôle des calages QFE et QNH, expliqués plus bas.
L’unité de mesure
La pression s’exprime en hectopascals (hPa) en météorologie : cette unité a remplacé le millibar, auquel elle est strictement égale (1 hPa = 1 mb). Le baromètre, anéroïde ou à mercure, est l’instrument qui la mesure .
Un avion en croisière à 5 500 m évolue sous une pression d’environ 500 hPa, la moitié de la valeur au sol : cette échelle de décroissance est celle que les calages altimétriques utilisent.
Les champs de pression
La pression varie d’un lieu à l’autre et d’un jour à l’autre : ces variations dessinent des champs de pression sur les cartes météo.
Un champ de pression est la répartition de la pression atmosphérique sur une région, représentée par des lignes, les isobares. Savoir le lire, c’est savoir anticiper le temps et le vent d’un vol (Météo-France, consulté le 31 juillet 2026).
Isobares, anticyclones et dépressions
Les isobares relient les points de pression égale : sur les cartes météorologiques, elles sont tracées tous les 5 hPa . Leur écartement mesure le gradient de pression.
Quand les isobares se referment, elles délimitent des centres d’action : l’anticyclone (A, noté H en anglais) est une zone de hautes pressions, la dépression (D, notée L en anglais) une zone de basses pressions. En France, la limite conventionnelle de 1015 hPa sépare en moyenne les deux familles, avec une variation saisonnière .
La lecture des cartes réelles utilisées par les pilotes est détaillée dans le cours Cartes et messages aéronautiques.
Dorsales, talwegs et marais barométriques
Entre les centres d’action, les isobares dessinent des formes particulières. Une dorsale est une langue de hautes pressions, un talweg une langue de basses pressions, le plus souvent associée à une dégradation du temps (Météo-France, consulté le 31 juillet 2026).
Un col barométrique est une zone de faibles gradients entre deux anticyclones et deux dépressions : le vent y est faible et changeant. Le marais barométrique, zone où la pression varie peu, donne un temps indécis, sans système dominant .
Les calages altimétriques (QFE, QNH, 1013,25)
Les champs de pression obligent les pilotes à régler leur altimètre : sans calage adapté, l’altitude affichée serait fausse.
L’altimètre est un baromètre anéroïde gradué en altitude : il mesure la pression et l’affiche en altitude. Comme la pression au sol change avec la météo, il faut l’étalonner sur une référence, appelée calage .
| Calage | Définition | Altitude affichée | Usage typique |
|---|---|---|---|
| QFE | Pression au niveau de l’aérodrome | Hauteur au-dessus du terrain (0 au sol) | Circuits locaux, atterrissage |
| QNH | Pression réduite au niveau de la mer | Altitude réelle au-dessus de la mer | En route, sous l’altitude de transition |
| 1013,25 hPa | Pression standard au niveau de la mer | Altitude-pression (niveaux de vol FL) | Au-dessus de l’altitude de transition |
En France, l’altitude de transition vaut 5 000 ft : en dessous, on cale le QNH ; au-dessus, tout le trafic cale 1013,25 hPa et vole en niveaux de vol (FL), ce qui garantit des séparations identiques pour tous .
Confondre QFE et QNH peut faire atterrir plus haut ou plus bas que prévu : c’est une faute rédhibitoire en formation comme en examen. Le cours Comprendre l’atmosphère au BIA résume les trois références sous un autre angle.
Pression et vent
La pression ne sert pas qu’à l’altimètre : ce sont ses différences qui créent le vent.
Le vent naît des différences de pression, l’air s’écoule des hautes vers les basses pressions, dévié par la rotation de la Terre, la force de Coriolis. Dans l’hémisphère Nord, il tourne dans le sens horaire autour d’un anticyclone et dans le sens antihoraire autour d’une dépression (Météo-France, consulté le 31 juillet 2026).
La force du vent dépend de l’écartement des isobares : isobares serrées, vent fort, isobares espacées, vent faible. C’est la question la plus posée du chapitre au QCM.
Le détail des mécanismes, du frottement au gradient, se trouve dans le cours Le vent, et l’organisation planétaire dans le cours Circulation générale de l’air.
Exercices – calculs de calage QNH
Ces relations se testent par le calcul : voici deux exercices types, résolus pas à pas comme à l’examen.
Exercice 1. Votre altimètre est calé sur 1013,25 hPa et affiche 1 800 m. La tour vous annonce un QNH de 1023 hPa. Quelle est votre altitude réelle ?
Résolution : écart de pression = 1023 − 1013,25 = +9,75 hPa. Conversion : 1 hPa ≈ 8 m, soit 9,75 × 8 ≈ 78 m. L’altitude réelle vaut donc 1 800 + 78 ≈ 1 878 m. L’avion vole environ 80 m plus haut que l’indication : quand le QNH est supérieur à 1013,25 hPa, l’altitude réelle est plus haute que l’altitude affichée.
Exercice 2. Altimètre calé sur 1013,25 hPa, vous lisez FL 45, soit 4 500 ft. La tour annonce un QNH de 1008 hPa. Quelle est votre altitude réelle en pieds ?
Résolution : écart = 1008 − 1013,25 = −5,25 hPa. En pieds, 1 hPa ≈ 28 ft, soit 5,25 × 28 ≈ 147 ft. L’altitude réelle vaut 4 500 − 147 ≈ 4 353 ft. Règle inverse de la précédente : quand le QNH est inférieur à 1013,25 hPa, l’altitude réelle est plus basse que l’altitude affichée, ce qui est vital en montagne.
Retenez la règle d’or : 1 hPa ≈ 28 ft (8 m), et le signe de l’écart (QNH − 1013,25) donne le sens de la correction. Ces calculs sont le format exact des exercices du BIA .
Erreurs fréquentes au BIA
Les correcteurs retrouvent chaque année les mêmes confusions : les voici, avec le réflexe qui les évite.
- Inverser QFE et QNH : le QFE est la pression de l’aérodrome (hauteur au sol nulle), le QNH la pression réduite au niveau de la mer (altitude réelle).
- Croire que la pression augmente avec l’altitude : elle diminue d’environ 1 hPa tous les 28 pieds.
- Oublier que 1013,25 hPa est un calage standard : en dessous de l’altitude de transition, on cale le QNH, pas le standard.
- Confondre les notations A/H et D/L : les cartes internationales notent l’anticyclone H (high) et la dépression L (low).
- Prendre 1015 hPa pour une frontière fixe : c’est un repère moyen, variable selon la saison.
- Inverser le sens de rotation du vent dans l’hémisphère Nord : horaire autour de l’anticyclone, antihoraire autour de la dépression.
Pièges possibles à l’examen
Le QCM du BIA teste la précision : voici les pièges les plus posés sur la pression.
- Les valeurs exactes : retenez 1013,25 hPa (les distracteurs proposent 1 013 hPa ou 1 032 hPa) et 1 hPa tous les 28 ft, pas 8 m quand le QCM est en pieds.
- Le piège du QNH bas : QNH inférieur à 1013,25 hPa, l’avion vole plus bas que l’altimètre ne l’indique – le distracteur inverse est le plus choisi.
- L’écartement des isobares : isobares serrées = vent fort, jamais l’inverse.
- Les unités : 1 hPa = 1 mb ; les documents anciens utilisent encore le millibar.
- Les libellés négatifs : « laquelle de ces affirmations est fausse ? » – lisez chaque choix jusqu’au bout avant de répondre.
- La transition : en dessous de 5 000 ft on cale le QNH, au-dessus 1013,25 hPa – jamais l’inverse.
Points essentiels à retenir
Si vous ne retenez qu’une chose de ce cours, retenez ceci.
- L’atmosphère standard : 15 °C et 1013,25 hPa au niveau de la mer .
- La pression est le poids de la colonne d’air ; elle décroît d’environ 1 hPa tous les 28 ft (8 m).
- Les isobares sont tracées tous les 5 hPa ; anticyclone (A/H) et dépression (D/L) se repèrent autour de la limite moyenne de 1015 hPa.
- QFE = hauteur au-dessus de l’aérodrome, QNH = altitude réelle, 1013,25 hPa = niveaux de vol (FL).
- Hémisphère Nord : vent horaire autour de l’anticyclone, antihoraire autour de la dépression ; isobares serrées = vent fort.
- QNH supérieur à 1013,25 hPa : l’avion vole plus haut que l’indication ; QNH inférieur : il vole plus bas.
Bien comprise, la pression atmosphérique au BIA tient en trois réflexes : une valeur standard (1013,25 hPa), une règle de décroissance (1 hPa/28 ft) et trois calages (QFE, QNH, 1013,25). Testez vos acquis avec le quiz ci-dessous, puis enchaînez sur le cours La température en aéronautique. Pour préparer l’ensemble de l’examen, suivez le guide Réussir le BIA.
Quiz 2 – Testez vos acquis (5 questions, mêmes objectifs que le Quiz 1, formulations différentes)
Après la leçon
Répondez après lecture pour vérifier ce que vous avez retenu.
Question 1 sur 10
FAQ
Les questions les plus fréquentes des candidats BIA sur la pression atmosphérique.
Qu’est-ce que la pression atmosphérique ?
La pression atmosphérique est le poids de la colonne d’air qui s’étend d’un point jusqu’à la limite supérieure de l’atmosphère. Elle s’exerce sur chaque mètre carré de surface, se mesure avec un baromètre et s’exprime en hectopascals (hPa) : environ 10 tonnes par mètre carré au niveau de la mer (Météo-France, consulté le 31 juillet 2026).
Quelle est la pression de l’atmosphère standard ?
L’atmosphère standard (ISA) vaut 1013,25 hPa et 15 °C au niveau de la mer . C’est le modèle de référence des calculs aéronautiques : quand la pression réelle s’en écarte, l’altimètre calé sur 1013,25 hPa doit être recalculé avec le QNH.
Quelle est la différence entre QFE et QNH ?
Le QFE est la pression au niveau de l’aérodrome : l’altimètre affiche la hauteur au-dessus du terrain, 0 au sol. Le QNH est la pression réduite au niveau de la mer : l’altimètre affiche l’altitude réelle. On utilise le QFE en circuit local et le QNH en route, sous l’altitude de transition .
Pourquoi le vent est-il plus fort quand les isobares sont serrées ?
Le vent naît des différences de pression : plus le gradient est fort, plus l’air s’écoule vite des hautes vers les basses pressions. Des isobares serrées signalent un gradient élevé, donc un vent fort ; des isobares espacées, un vent faible (Météo-France, consulté le 31 juillet 2026).
Comment calculer l’altitude réelle avec un QNH ?
On compare le QNH au calage standard : écart = QNH − 1013,25 hPa, converti à raison d’environ 1 hPa pour 28 ft (8 m). Exemple : QNH 1023 hPa, altimètre affichant 1 800 m, l’avion vole environ 78 m plus haut. QNH inférieur à 1013,25 hPa, il vole plus bas .
Que signifie FL dans un plan de vol ?
FL (Flight Level) désigne un niveau de vol : une altitude-pression exprimée en centaines de pieds, obtenue en calant l’altimètre sur 1013,25 hPa. Au-dessus de l’altitude de transition (5 000 ft en France), tout le trafic utilise ce calage standard pour garantir des séparations identiques .
Sources
Toutes les sources ci-dessous ont été vérifiées et sont accessibles en ligne (contrôle HTTP le 31 juillet 2026).
- Programme et niveau des connaissances de l’examen du BIA – Bulletin officiel n° 11 du 12 mars 2015 : PDF – éduscol STI
- Météo-France – Comprendre la météo : meteofrance.com/comprendre-la-meteo (consulté le 31 juillet 2026)
- Météo-France – l’atmosphère : meteofrance.com/comprendre-la-meteo/atmosphere (consulté le 31 juillet 2026)
- Météo-France – le vent : meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent (consulté le 31 juillet 2026)
- OACI – Atmosphère type, manuel de référence Doc 7488 : icao.int (consulté le 31 juillet 2026)
- ENAC – Préparation au brevet d’initiation à l’aéronautique : enac.fr (consulté le 31 juillet 2026)
- Ministère de la Transition écologique – Le BIA et le CAEA : ecologie.gouv.fr/bia-et-caea (consulté le 31 juillet 2026)
- Aéroclub Marcillac Estuaire – formation BIA : aeroclubmarcillacestuaire.fr – rubrique BIA (document de cours « Météo », pages 4 à 6, transmis avec le brief, consulté le 31 juillet 2026)
- Arrêté du 19 février 2015 relatif au BIA (JORF du 21 février 2015).
- Skybrary (Eurocontrol) — base de connaissances aéronautiques.
- FAA — Pilot’s Handbook of Aeronautical Knowledge.
Rédigé par Chris Auzolat, formateur titulaire du CAEA (certificat d’aptitude à l’enseignement aéronautique). Contenu pédagogique en attente de validation par le propriétaire du site. Bloc auteur (author-bio-block) : rendu par le thème GeneratePress – vérifier son affichage sur la page publiée.
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