Instruments de bord avion : le cours complet pour l’épreuve de connaissance des aéronefs et des engins spatiaux
Le tableau de bord d’un avion est l’interface entre le pilote et son appareil. Il concentre en un coup d’oeil toutes les informations nécessaires pour piloter en sécurité : vitesse, altitude, attitude, cap, régime moteur… Comprendre chaque instrument, son principe de fonctionnement et ses limites est indispensable pour l’épreuve de connaissance des aéronefs et des engins spatiaux. Ce cours te présente les instruments essentiels, classés par famille.
Les trois familles d’instruments
On regroupe généralement les instruments de bord en trois grandes familles selon leur fonction :
- Instruments de pilotage : ils renseignent sur l’état de vol de l’avion (vitesse, altitude, attitude, cap, taux de montée).
- Instruments moteur : ils surveillent l’état du ou des moteurs (régime, température, pression d’huile, quantité de carburant).
- Instruments de navigation : ils aident à déterminer la position et la route de l’avion (compas, VOR, GPS, ADF).
Le BIA se concentre surtout sur les instruments de pilotage et les principes physiques qui les font fonctionner. connaissance des aéronefs BIA pour le programme complet de l’épreuve.
Les instruments de pilotage
L’altimètre
L’altimètre mesure l’altitude de l’avion. Son principe : la pression atmosphérique diminue avec l’altitude (environ 1 hPa tous les 8 m au niveau de la mer). L’altimètre est un baromètre anéroïde calibré pour convertir une pression en altitude.
Le calage altimétrique est essentiel : avant le vol, le pilote entre une pression de référence dans l’altimètre (la molette de calage). Deux réglages principaux :
- QNH : pression ramenée au niveau moyen de la mer. L’altimètre indique l’altitude au-dessus du niveau de la mer (AMSL). C’est le calage utilisé en-dessous du niveau de transition.
- QFE : pression au sol de l’aérodrome. L’altimètre indique la hauteur au-dessus du terrain. Utilisé principalement par les planeurs et certains aérodromes.
- Standard (1013,25 hPa) : au-dessus du niveau de transition, tous les avions calent sur 1013,25 hPa et expriment leur altitude en niveau de vol (FL). FL350 correspond à une indication altimétrique de 35 000 ft avec ce calage standard.
L’anémomètre
L’anémomètre mesure la vitesse de l’avion par rapport à l’air ambiant (vitesse propre ou vitesse indiquée). Son fonctionnement repose sur la comparaison entre :
- La pression totale (ou pitot) : captée par le tube de Pitot orienté face au flux d’air. Elle est égale à la somme de la pression statique et de la pression dynamique.
- La pression statique : pression atmosphérique locale, captée par des prises de pression flush (prises statiques sur le fuselage).
La différence entre ces deux pressions est la pression dynamique, directement proportionnelle au carré de la vitesse. L’anémomètre la convertit en vitesse indiquée (IAS, Indicated Air Speed).
Attention : la vitesse indiquée n’est pas la vitesse vraie. À haute altitude, l’air est moins dense et la pression dynamique pour une même vitesse vraie est plus faible. Il faut corriger l’IAS pour obtenir la TAS (True Air Speed, vitesse vraie par rapport à l’air). La GS (Ground Speed, vitesse sol) tient aussi compte du vent. navigation BIA calculs pour les formules de correction de vitesse.
Le variomètre
Le variomètre (ou taux de montée/descente) indique la vitesse verticale de l’avion en pieds par minute (ft/min) ou en mètres par seconde (m/s). Son principe : il compare en temps réel la pression statique actuelle avec une pression mémorisée dans une chambre de référence. Si la pression baisse (l’avion monte), l’aiguille monte. Si elle augmente (l’avion descend), l’aiguille descend.
Le variomètre est vital pour le vol en planeur, où il permet d’identifier et d’exploiter les ascendances thermiques. Un variomètre à vario sonore (bip-bip) permet au pilote de planeur de surveiller ses thermiques sans quitter l’horizon des yeux.
L’horizon artificiel
L’horizon artificiel (ou indicateur d’attitude) est l’instrument qui représente l’attitude de l’avion par rapport à l’horizon réel. Il indique les angles de tangage (nez haut / nez bas) et de roulis (inclinaison des ailes). Il est indispensable en vol dans les nuages, de nuit ou par faible visibilité, quand le pilote ne peut plus se référer à l’horizon naturel.
Son fonctionnement repose sur un gyroscope : une toupie tournant à grande vitesse (12 000 à 18 000 tr/min) maintient son axe de rotation fixe dans l’espace grâce à l’effet gyroscopique. L’horizon artificiel classique est actionné par dépression (vide partiel créé par un venturi ou une pompe à vide). Les avions modernes utilisent des centrales inertielles (AHRS) ou des capteurs MEMS.
L’indicateur de virage et de glissade
L’indicateur de virage mesure la vitesse angulaire de rotation autour de l’axe de lacet (dérive). La bille (ou coordinateur de virage) est une bille dans un tube incurvé rempli de liquide : si la bille est centrée, le virage est « coordonné » (sans glissade ni dérapage latéral). Si la bille est à l’extérieur du virage, l’avion glisse ; si elle est à l’intérieur, il dérape.
Les instruments moteur
Les instruments moteur varient selon le type de propulsion, mais les principaux à connaître pour le BIA sont :
- Compte-tours (RPM) : mesure le régime de rotation du moteur en tours par minute. Sur un moteur à pistons à hélice à pas fixe, il reflète directement la puissance développée.
- Indicateur de température des têtes de cylindres (CHT) : surveille la température de combustion. Un CHT trop élevé signale un mélange trop pauvre ou un refroidissement insuffisant.
- Indicateur de pression d’admission (MAP) : sur les moteurs à hélice à pas variable, il mesure la pression dans le collecteur d’admission, reflétant mieux la puissance effective que le simple compte-tours.
- Jauges de carburant : indiquent la quantité de carburant dans chaque réservoir. La planification carburant est une compétence fondamentale de tout pilote.
- Pression et température d’huile : paramètres vitaux. Une pression d’huile en chute libre indique une panne moteur imminente.
moteur d’avion à piston BIA pour comprendre pourquoi chaque paramètre moteur est surveillé. hélice d’avion BIA pour le lien entre régime moteur et pas d’hélice.
Les instruments de navigation
Le BIA aborde brièvement les instruments de navigation. Les deux essentiels à connaître :
Le compas magnétique
Le compas magnétique est le plus ancien instrument de navigation aérienne. Il indique le cap magnétique grâce à une aiguille aimantée orientée par le champ magnétique terrestre. Simple, fiable (aucune alimentation électrique requise), il est obligatoire comme instrument de secours sur tous les aéronefs certifiés. Son défaut : il présente des erreurs en virage (inertie de l’aimant) et est sensible aux perturbations magnétiques locales (structures métalliques, équipements électroniques).
Le GPS et les systèmes modernes
Le GPS (Global Positioning System) est devenu l’instrument de navigation dominant en aviation légère. Il fournit position, vitesse sol, route suivie et altitude GPS avec une précision métrique. Les systèmes avioniques modernes (type Garmin G1000 ou Dynon SkyView) intègrent dans un seul écran l’ensemble des fonctions autrefois réparties sur de nombreux instruments séparés.
Questions fréquentes sur les instruments de bord
Comment fonctionne un altimètre ?
L’altimètre est un baromètre calibré en altitude. Il mesure la pression atmosphérique via une capsule anéroïde (capsule métallique sensible à la pression) et la convertit en altitude selon une loi atmosphérique standard. Le pilote entre la pression de référence (QNH, QFE ou standard 1013 hPa) via une molette de calage pour obtenir l’altitude souhaitée. Sans calage correct, l’altimètre peut indiquer une altitude erronée de plusieurs centaines de pieds.
Quelle est la différence entre vitesse indiquée et vitesse vraie ?
La vitesse indiquée (IAS) est ce que lit l’anémomètre : elle est basée sur la pression dynamique. La vitesse vraie (TAS) est la vitesse réelle de l’avion par rapport à l’air. À haute altitude, la densité de l’air diminue et la TAS est plus élevée que l’IAS pour un même régime de vol. La vitesse sol (GS) ajoute l’effet du vent à la TAS. Un avion qui vole à 120 kt IAS à 10 000 ft a une TAS d’environ 140 kt.
Pourquoi l’horizon artificiel est-il indispensable en vol aux instruments ?
Sans visibilité extérieure, les sens du pilote sont trompeurs : les illusions vestibulaires peuvent lui faire croire qu’il vole droit alors qu’il vire, ou inversement. L’horizon artificiel fournit une référence objective d’attitude (tangage et roulis) indépendante de la visibilité. C’est l’instrument central du tableau de bord en vol IFR (Instrument Flight Rules) et il est le premier à vérifier en cas de doute sur l’attitude.
Qu’est-ce que le QNH et comment le lire ?
Le QNH est la pression atmosphérique ramenée au niveau moyen de la mer (AMSL) pour la station météo la plus proche. Il est transmis par les services de la circulation aérienne (ATIS, VOLMET) en hectopascals (hPa) ou en pouces de mercure (inHg) selon les pays. En France, si le QNH est de 1020 hPa, le pilote entre 1020 dans son altimètre : l’instrument indiquera alors son altitude réelle au-dessus du niveau de la mer.
